L’Association pour la Pensée Complexe
Intentions et buts
Le mode de pensée qui nous a été inculqué obéit
essentiellement à des principes de disjonction, de réduction et d’abstraction.
Il isole les objets de connaissance les uns des autres, et il rend donc difficile
l’appréhension des solidarités, interactions et implications mutuelles
qui lient ces objets. Il privilégie la connaissance des unités de bases
ou des parties constituant des systèmes, sans nous inciter à opérer
une navette cognitive des parties au tout et du tout aux parties. Nous disjoignons
et ventilons en différentes disciplines les fragments des ensembles organisés
dont notre mode de pensée à brisé l’unité. L »hyper-spécialisation
qui morcelle le tissu complexe des phénomènes donne finalement à
voir comme seul réel sa fragmentation arbitraire. Par ailleurs, l’abstraction
incontrôlée tend à considérer les formules et les équations
comme seules réalités. On en arrive à une intelligence aveugle
qui isole les objets les uns des autres, les soustrait à leur environnement,
désintègre les ensembles, systèmes et totalités. Nous
devenons ainsi de plus en plus aveugles aux phénomènes concrets, aux
réalités globales et aux problèmes fondamentaux.
Aussi, ce mode mutilant d’organiser notre pensée nous aveugle plus profondément
que l’erreur d’observation ou l’incohérence logique.
Quand elle s’applique aux être humains, la pensée mutilante et unidimensionnelle
se paie en souffrances, hélas invisibles à ceux qui la provoquent.
L’incapacité de concevoir la complexité humaine dans ses multiples
dimensions (biologique, psychologique, sociologique, mythologique, etc.), y compris
dans se micro-dimension (l’être individuel) et dans sa macro-dimension (ensemble
planétaire) conduisent à l’innombrables tragédies et risque
de nous mener à la tragédie suprême.
Alors que les sciences humaines et les théories sociales constituent à
exorciser la complexité, celle-ci a fait irruption là même où
l’esprit scientifique croyait l’avoir expulsée. Les sciences physiques avaient
cru dans leurs premiers développements révéler l’Ordre impeccable
du monde, son déterminisme absolu et perpétuel, son obéissance
à une Loi suprême et la simplicité de ses constituant physiques
élémentaires (molécules, puis atome, puis particule). Leurs
nouveaux développements débouchent sur la complexité du réel.
Dès 19ème siècle, le thermodynamique a découvert un principe
universel d’agitation, de dégradation et de désordre, et au 20ème
siècle celui-ci s’est répandu dans tout le cosmos, jusqu’à l’origine
des temps ; à la place supposée de la simplicité physique
et logique, la micro-physique a découvert l’extrême complexité
de la particule ; enfin le cosmos est apparu, non plus comme une machine parfaite,
mais comme un processus en voie de désintégration et d’organisation
à la fois. L’organisation complexe naît à la frontière
du désordre et de la turbulence. On parle désormais de chaos organisateur
et on pourrait parler de chaosmos. Un monde simple est mort. Un monde complexe émerge.
Mais la pensée simplifiante n’est pas morte et la pensée complexe essaie
de naître.
Complexus : ce qui est tissé ensemble. Le complexe nous apparaît
lorsque un et multiple, tout et parties, objet et environnement, objet et sujet,
ordre/désordre et organisation sont inséparable et interdépendants.
Il y a, non pas une complexité, mais un tissu de multiples complexités
les unes empiriques (désordre, aléas, complication, inter-retroaction
enchevêtrées), les autres logiques (insuffisances de la causalité
linéaire, indécidabilités, contradictions qui surgissent à
partir de l’examen rationnel des données ou phénomènes).
La complexité est une question, non une réponse. La complexité
est un défi à la pensée et non une recette de pensée.
La complexité n’est pas l’exhaustivité, mas la reconnaissance des incertitudes
et des contradictions. La pensée complexe vise, non pas à annuler par
les idées claires et distinctes, les déterminismes, les distinctions,
les séparations, mais à les intégrer.
La pensée complexe comporte en elle le principe des solidarités et
implications mutuelles entre objets arbitrairement séparés et isolés.
Elle appelle le renvoi mutuel des parties au tout et du tout aux parties. Elle s’efforce
de reconnaître, partout où elles sont en œuvre les dialogiques d’ordre/désordre/organisation.
Elle conçoit l’implication mutuelle entre systèmes et éco-systèmes.
Elle pose ses objets de connaissance comme les produits d’une coopération
entre une réalité objective et les opérations mentales des observateurs/concepteurs.
Dans son mouvement même, la pensée complexe tend à :
surmonter le divorce entre science et philosophie, et établir leur dialogique ;
problématiser l’actuelle organisation disciplinaire et cloisonnée de
la connaissance et chercher à lier ce qui est disjoint ;
affronter le défi que la complexité des phénomènes pose
à la pensée dans tous les domaines, y compris politiques ;
situer le monde humain, non au dessus du monde vivant, mais émergeant de celui-ci,
lui-même émergeant du monde physique ;
concevoir la relation anthropo-bio-cosmologique à partir des acquis et des
incertitudes du savoir contemporain ;
réinterroger la raison humaine, ses possibilités et ses limites ;
explorer le contient le moins connu de tous : celui de l’esprit humain qui élabore
la connaissance.
La pensée complexe se donne pour mission de promouvoir une connaissance qui
apporte l’aptitude à se connaître elle-même, qui s’ouvre sur la
solidarité planétaire et cosmique, qui ne désintègre
pas le visage des êtres et des existants. Une telle connaissance favorisera
l’action, non pas ordonne, mais organise, non pas manipule, mais communique, non
pas dirige, mais anime.
La pensée complexe peut difficilement s’enseigner dans le cadre du système
de pensée dominant et on ne pourrait l’instaurer de façon seulement
institutionnelle. La reforme des principes/règles gouvernant les raisonnements
et théorie est une tâche multiple, qui nécessité la convergence
d’efforts encore dispersés.
C’est dans le sens de la déclaration d’intention ci-dessus qu’œuvrera APC,
Association pour la pensée complexe.
But
Notre Association a pour mission de :
S promouvoir les divers modes et les diverses formes de pensée qui permettent
de répondre au défi de complexité que le monde, la société,
l’être humain posent à la connaissance scientifique, philosophique et
politique, ainsi que dans tous les domaines ;
S susciter, stimuler ou entreprendre des recherches portant sur la problématique
de la complexité ;
S encourager tous les développements de la pensée complexe et, dans
un esprit non partisan, d’œuvrer à l’insertion de la pensée complexe
dans l’éducation, la formation, les études, les recherches, les stratégies,
les programmes ;
S favoriser et développer l’appréhension de la multidimensionnalité
et des inter-solidarités qui caractérisent les phénomènes,
notamment les phénomènes anthropo-sociaux ;
S établir des relations en réseau avec les Associations de tous les
pays, fondées sur les mêmes principes et vouées aux mêmes
buts ;
S répondre aux demandes concernant la complexité émanant d’organisme
publics ou privés.
Mots clés hiérarchisés
Edgar Morin pensée complexe La Méthode civilisation politique Terre
culture éthique solidarité savoirs collectifs système complexité
réseau reliance relier complexus crise entropie économique edgar morin
methode association pour la pensée complexe APC latin hispano méditerrannée
France latino ladino
2ème groupe de mots clés à intégrer et à hiérarchiser.
acteurs agir communication économie esprit hommes humain incertitude information
monde organisation progrés projets réalité sens temps univers
connaissances, méthode Action intelligence réforme Terre désordre
ordre aléas mythe humanisation paradigme dialogique APC