Brèche et ouverture à propos des principes de la pensée complexe. De la difficulté de leur aperception
| Christiane PEYRON BONJAN |
| Chercher où se situe la brèche dans le processus
de pensée de Morin, brèche à transformer en ouvertures, ouvertures
incluant des questions auxquelles il n'est pas possible de répondre à
l'aide des seules ressources internes du système de pensée est passible
de la "cour de haute trahison"et même de double altération
puisque son processus de pensée est lu et trahi par autrui.Il me semble cependant
que cette brèche se situe entre une propédeutique énoncée
à l'aide des principes comme mode de sortie de la pensée linéaire
et la pensée complexe se synthétisant en un seul principe, à
savoir la pensée dialogique. Dans la pensée complexe trois théories sont présentes et enchevêtrées : • le rez de chaussée propédeutique à une pensée non linéaire qui se trouve être de l'ordre de la théorie de l'information, processus de rétroaction cybernétique, entrée dans la récursivité, sortie de la causalité. • le corollaire de cet étage propédeutique qui devient la pensée auto-éco-organisationnelle, fer de lance de la théorie des systèmes complexes. • enfin la pensée dialogique, aporétique vivante indicible et inexplicable où tout système est et demeure en même temps anti-système, où la computation n'est pas jonction, connexion comme dans la langue des ordinateurs mais "fusion-tension".Si je segmente et tente d'expliquer les apories, je ne suis plus penseur complexe, car je pense alors en logique disjonctive. Si pour entendre l'hologramme , j'explicite le texte des deux infinis de Pascal en allant de l'infiniment grand à l'infiniment petit et inversement, je perds les fondamentaux du principe hologrammatique puisque je pose les deux infinis comme bornes séparées.... Alors comment entrer en processus de pensée complexe, sachant que la théorie de l'information et la théorie des systèmes ne deviennent que marche-pieds de la permissivité de ce processus de pensée ? Tout processus de pensée participe comme toute activité cognitive de "résonnances constitutives"habitant certaines logiques. Par exemple , un penseur cartésien réside dans une logique constituée de deux substances séparées sous-tendues par une substance unique (2 vers 1) . Cette logique peut être compliquée comme dans la dialectique platonicienne où la séparation sensible- intelligible se couple avec l'opposition visible-invisible, le tout participant du Monde des Idées ( 2 fois 2 vers le 1 ) ou dans les trois moments de la dialectique hégelienne en vue de la réalisation de l'Esprit (2 vers 1-thèse-antithèse vers synthèse couplée avec 3 vers 1)...toutes ces compositions ayant pour fondement la disjonction et l'exclusion. Cependant, un autre mode du penser , logique immanentiste inclusive et oppositive sous-tend la compréhension de la dialogie et de l'hologramme.Le principe d'Héraclite mêle 2 en 1 et 1 en 2 dans leur conflit et habitat permanents. L'"unitas multiplex" de Leibniz "intersection abstraite exprimant l'infinité "autorise l'immanence de l'infini en 1 en même temps que l'unicité originale et monadique. Pour un décodeur dont le référentiel serait la philosophie, la pensée complexe se devrait de "computer" la dialogie Héraclitéenne incarnée dans les apories de la connaissance présentes chez Pascal, Leibniz ou Kant mais tout autant dans la vie des grands mystiques comme Thérèse d'Avila et Saint Jean de La Croix, avec la récursivité du cogito cartésien, "idée de l'idée" incluant simultanément la définition spinoziste de l'idée comme "idée du corps". La "computation" est entendue autrement que dans la langue moderne des ordinateurs ; il s'agit plus d'appartenance inclusive et de "fusion-tension" que de connexion . Alors, pourrait-on enseigner une collusion de ces logiques ? Il semble toujours possible de partir de logiques disjonctives qu'elles soient simples (2 vers 1) ou croisées (2 fois 2 vers 1) et de compliquer leurs croisements grâce à l'enseignement. Mais comment faire entendre la "collusion inclusive" des principes et des logiques à ceux qui ne percoivent en rien les logiques de l'immanence ? Là serait la difficulté de l'aperception des principes de la complexité et leur trahison exprimée sous les vocables de "pont", de "liens",d'articulations...vocables sous-tendus par un processus de pensée exclusif. |
| * Congrés Inter-Latin pour la Pensée Complexe |